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Sensation ( Arthur Rimbaud )
Par les soirs bleus d'été, j'irai
dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue:
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme. |
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Arthur
Rimbaud est né à Charleville en 1854. Sa vie est marquée
par des dons précoces et une éducation stricte dispensée
par sa mère. Ses succès scolaires cohabitent avec la révolte
de son adolescence. Le poème ci-dessus " Sensation" a
été écrit à l'âge de 15 ans. Il incarne
à travers sa révolte, l'image d'une jeunesse exaltée,
éprise d'absolu. Il dénonce avec passion et violence la
réalité du monde qui l'entoure et se veut "voyant".
Paul Verlaine classe parmi les poètes maudits, Rimbaud, Mallarmé,
lui-même et quelques autres.
Arthur Rimbaud wurde 1854 in Charleville geboren. Sein Leben wurde
von seiner frühzeitig entwickelten Begabung und der strengen Erziehung,
die ihm seine Mutter zukommen ließ, geprägt. Sein schulischer Erfolg
und seine jugendliche Auflehnung gingen miteinander einher. Das untenstehende
Gedicht " Sensation" schrieb er im Alter von 15 Jahren. Durch seine
auflehnerische Art versinnbildlicht er das Bild von überschwenglicher
Jugend und absoluter Leidenschaft. Überschwenglich und ungestüm
stellt er seine Umwelt bloß und versteht sich als "sehend".
Paul Verlaine ordnet Rimbaud, Mallarmé, ihn selbst sowie einige andere
Autoren in die Kategorie der "verfluchten" Poeten ein. |
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Voyelles
A noir, E blanc, I
rouge, U vert, O
bleu : voyelles
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset
velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d'ombres; E, candeurs des vapeurs
et des tentes
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres
belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux;
O, suprême Clairon plein des strideurs
étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses yeux. |
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